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  • 11
    mars
    Jardinage / par : Anne

    Recettes de Grand-Mère et plantes médicinales

    Recettes de Grand-Mère et plantes médicinales

    Les week-ends où je me rends en Bretagne sont d’une douceur particulière et ce même si le mauvais temps m’accompagne parfois. J’y retrouve ma grand-mère, ses histoires et ses remèdes de druide qui chaque fois m’épatent. Mais cette fois n’est pas coutume. De retour chez moi, j’entreprends de créer un jardin de plantes médicinales, convaincue, grâce à ma grand-mère, que la nature a bien plus à offrir pour les maux du quotidien que tout l’arsenal médicamenteux dont on dépend aujourd’hui.

    « Préfère une bonne santé, le cerveau plein et les mains terreuses », me répétait ma grand-mère lorsque j’étais petite.  A bien l’écouter, nos grands-mères connaissent tous les trucs et astuces pour guérir tous les petits bobos du quotidien et ce de manière naturelle.

    Ainsi suis-je arrivée toussant chez elle, et une fois de plus me voilà de retour bien reposée, et une bouteille de solution contre la toux faite maison en poche.

    L’astuce de ma grand-mère est la préparation d’un sirop à base de carottes, une méthode simple et efficace qui a fait ses preuves à de nombreuses reprises, lorsque j’étais enfant. La carotte est en effet connue pour ses propriétés émolliente (elle ramollit les tissus et diminue les tensions et les inflammations) et résolutive. Voici sa recette, que je partage volontiers avec vous : 

    Un sirop contre la toux maison

    Ingrédients : Une carotte et du sucre en poudre

    Ustensiles : Un bol et un film étirable

    Le remède de Grand-mère :

    • commencez par bien laver la carotte sans l’éplucher,
    • coupez-la en rondelles et mettez-les dans un bol,
    • recouvrez-les avec une couche de sucre en poudre,
    • mélangez le tout et recouvrez le bol d’un film étirable,
    • laissez reposer une nuit au frigo,
    • le lendemain, filtrez le sirop de carotte,
    • versez le sirop dans un flacon fermé,
    • prenez une cuillère à soupe, 3 fois par jour, jusqu’à complète guérison.

    Le conseil : A ne conserver que 7 jours au frigo (écrivez la date de mise en bouteille), et bien entendu, si la toux persiste, consulter votre médecin.

    Propriétés :

    • Le suc obtenu par compression, délayé avec un peu d’eau, est excellent dans les extinctions de voix, la toux, l’asthme.
    • La pulpe fraîche râpée de la carotte crue est souveraine contre les brûlures.

    Avant d’aller me reposer pour une bonne nuit de sommeil, ma grand-mère a déposé sur un mouchoir, posé sur mon oreiller, quelques gouttes d’huile essentielle de lavande qu’elle a laissé se diffuser pendant 30 minutes. « La lavande est commue pour ses vertus relaxantes », m’a-t-elle glissé à l’oreille.

    Et pendant que la Provence se diffusait agréablement dans ma chambre, je me relaxais avec une infusion bien chaude*, miel, citron et quelques clous de girofle*Le miel a des propriétés antibactériennes qui accélère la guérison. Le citron, riche en vitamine C, va augmenter le pouvoir antimicrobien du miel. C’est pour cette raison qu’il est bien de prendre du miel et du citron ensemble. Les clous de girofle agiront, quant à eux, comme un anesthésiant naturel. Le lendemain soir, pour ne rien vous cacher, j’essayais volontiers le grog à la cannelle avec une cuillère à soupe (ou deux) de rhum bien ambré ; une bonne bouteille dégotée dans la bibliothèque entre un livre de cuisine traditionnelle et bien tenir son potager.

    En parlant de potager, le jardin de ma grand-mère possède un joli bouquet de thym utilisé comme plante médicinale. Le thym se contente d’une terre pauvre et caillouteuse, supporte très bien le gel, à condition d’être cultivé en pot bien drainé. Cette plante vivace qui aime le soleil, se taille après floraison. Ce que l’on récolte ce sont les fleurs et les tiges que l’on met immédiatement à sécher. Ma grand–mère utilise le thym pour ses propriétés antiseptiques, pour accélérer la guérison de bronchite ou pour une infection ORL. Comme il est antispasmodique, il soulage en même temps les ventres ballonnés. Laissez infuser 5 min dans 1 tasse d’eau bouillante, 1 cuillère à café de feuilles et fleurs séchées, 2 ou 3 tasses par jour.

    Le romarin y pousse également en pot, et en ce moment sous serre d’hivernage, car il craint le froid. Les feuilles persistantes peuvent être récoltées toute l’année et seront indiquées pour la digestion. Il est conseillé d’en boire après les 3 principaux repas, surtout si on a tendance aux ballonnements et aux lourdeurs digestives. Le romarin stimule le fonctionnement de la vésicule biliaire et calme les spasmes digestifs. Laissez infuser 1 cuillère à café de feuilles séchées dans une tasse d’eau bouillante.

    Après ce séjour chez ma grand-mère, et deux jours de sirop de carottes, je suis entièrement requinquée, fin prête à m’attaquer à ma nouvelle envie de jardinage. J’entreprends de cultiver un mini-jardin médicinal, qu’il est tout à fait possible d’exploiter en pot sur sa terrasse, dès lors où celle-ci est ensoleillée au moins 5 h par jour.

    Que faut-il planter ?

    Voici quelques exemples de plantes à faire pousser, ainsi que leurs propriétés. Choisissez les plantes que vous souhaitez planter en fonction des propriétés thérapeutiques que vous recherchez.

    • La camomille romaine : les fleurs de cette plante sont conseillées dans les cas de digestion difficile grâce à ses effets antispasmodiques (lutte contre les spasmes musculaires). Elles seront également utiles contres les nausées, règles douloureuses et migraines.
    • La lavande est reconnue pour être utile contre l’anxiété, les insomnies et la nervosité, comme on l’a vu plus haut. Seules les fleurs se récoltent.
    • La menthe verte favorisera la digestion, tout comme le fait la verveine, et calmera ballonnements et nausées. Récoltez uniquement les feuilles.
    • Les feuilles de sauge, consommées en infusion, sont également connues pour soigner les rhumes. Les feuilles fraîches ou séchées seront tout aussi efficaces contre les odeurs de transpiration.

    La récolte de ces plantes n’a lieu que quand les parties utiles sont fraîches, c’est à dire à peine ouvertes ou encore bien vertes. Une fois récoltées, faites sécher les fleurs et les feuilles dans un endroit sec et bien aéré. Toutes les plantes citées ci-dessus se consomment en infusion, en eau frémissante non bouillante, pour conserver toutes les vertus des plantes.

    Bien entendu, cultiver des plantes médicinales doit se faire sans oublier que leur consommation est équivalente à un médicament. Il ne faut donc pas en abuser, et se rappeler que pour tout mal persistant il convient de consulter un médecin. Ah, mais que ferions-nous sans nos grands-mères ? Elles nous sont si chères à nos cœurs, pleines d’histoires et de gourmandises, qu‘il est toujours un plaisir d’aller leur rendre visite, pour cultiver un peu de tendresse à leurs côtés.

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