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  • 05
    mai
    Jardinage / par : Anne

    Cueillette de Printemps au sous-bois

    Cueillette de Printemps au sous-bois

    Le printemps est arrivé depuis déjà un petit moment et il était grand temps que la nature sorte le grand jeu. Un peu de croquant, de parfum, de tendresse, fondant dans la bouche et goûtu sur les lèvres. La nature sauvage s’offre à nous, si tant est qu’on veuille bien jouer du godillot dans les sous-bois. « Tout ce que l’on ne voit pas est immense », alors regardons de plus près, car il y a de quoi se régaler, je vous l’assure.

    Le bon goût de la nature

    Profitant des ponts du mois de mai pour fuir le rectiligne de nos villes, je suis partie conquérir les sous-bois, moi, mes godillots et mon panier d’osier. Vêtue de mon chaperon rouge, enfin plus proche du K-way collant quand il pleut que de la jolie cape de nos histoires d’enfance, je m’apprêtais à passer un après-midi dans le folklore sauvage de cette nature immense. Mais comme me le répétait mon vieux voisin Santou, « Tout ce que l’on ne voit pas est immense. Alors regarde d’un peu plus près, et tu y découvriras des merveilles ». C’est donc à quatre pattes que j’allais rencontrer quelques goûteuses merveilles.

    • L’ail des ours n’a pas son pareil

    C’est à s’y méprendre, mais l’ail de l’ours ressemble à la feuille de muguet (qui lui est bien toxique), mais lorsqu’on froisse les feuilles, le doute se dissipe aussitôt, et on identifie l’odeur de l’ail à coup sûr. C’est un condiment très à la mode en ce moment qui accompagnera à merveille vos salades par son arôme aillé. Mélangé au beurre ramolli, il ajoutera une note relevée à vos viandes, poissons et pâtes à la tomate séchée. 

    Pour prolonger le plaisir d’en manger, préparez un pesto qui se conservera quelques mois sans problème dans des petits bocaux : 100 gr de feuilles séchées d’ail des ours hachées finement et 1 dl d’huile d’olive, avec une cuillère à café de sel. 

    • L’asperge sauvage méditerranéenne

    Ou comment trouver des asperges sauvages pour se concocter une délicieuse omelette des sous-bois... Prise en embuscade aux pieds des buissons d’asparagus, identifiables grâce à ses tiges couvertes d’aiguilles, la belle asperge est là, longue, fine, de 2 ou 3 millimètres de diamètre, de couleur vert clair. Certes, « une » asperge ne remplira pas la panse, aussi faut-il parcourir les bosquets en mode tête chercheuse, pour en débusquer 4 autres. L’impertinente asperge sauvage aime se faire désirer, c’est à n’en pas douter.  Les mains et les genoux écorchés à force de crapahuter sur les terrains sablonneux du Lubéron, la cueillette n’aura pas été extraordinaire. Je m’y prendrai plus tôt l’année prochaine, car c’est entre février et mi-avril que la saison est la meilleure. Bref, pas d’omelette ce soir, mais des beignets de fleurs de Robinier en perspective.

    Conseil de cueilleur : pour favoriser la repousse de l’asperge sauvage l’année suivante, pensez à la couper entre deux doigts plutôt que d’arracher la griffe (la racine).

    • Fleurs de Robinier à déguster

    On dirait des fleurs d’acacia, d’ailleurs on s’y trompe souvent, mais ce sont bien des fleurs de Robinier.  Pour ne plus confondre, les feuilles du Robinier sont rondes, alors que celles de l’Acacia sont pointues. Le Robinier nous offre, le long des chemins de campagne, des grappes nacrées de fleurs en forme de papillon, au parfum enivrant, mélange subtil de miel au accent de bergamote ou de fleur d’oranger. Les abeilles en raffolent et c’est une bénédiction pour les gourmands.

    Ingrédients : pour 10 beignets gourmands - 30 minutes de préparation

    • 10 grappes de fleurs de Robinier (à bien secouer pour déloger tous les petits insectes qui pourraient s’y trouver)
    • 180 gr de farine
    • 1 œuf
    • 50 gr de sucre en poudre
    • 100 ml de lait
    • 150 ml de bière blonde
    • 1 sachet de sucre vanillé
    • une pincée de sel
    • huile de friture
    • sucre glace

    La recette

    1. Faites chauffer doucement votre bain de friture (180° max).
    2. Versez dans un saladier la farine, le sel, et faites un puits pour y casser l’œuf. Y mettre le sucre en poudre et le sucre vanillé, puis fouettez énergiquement au milieu.
    3. Incorporez-y le lait puis la bière et mélangez quelques minutes pour rendre la pâte bien lisse.
    4. Laissez reposer 15 minutes.
    5. Plongez la grappe de fleurs de Robinier dans la pâte à beignet. Laissez égoutter quelques secondes et baignez-la dans l’huile bien chaude. Pas plus de 2 beignets dans la friteuse en même temps. 3 minutes de cuisson de chaque côté jusqu’à ce que les beignets soient dorés.
    6. Saupoudrez de sucre glace et dégustez sans attendre.

     

    • Lumière sur la pimprenelle

    Le K-way était bien de circonstance. Voilà que la nature entonne son chant de pluie comme pour me faire comprendre qu’il y en a assez dans mon panier garni.  Je reprends la route par les sentiers battus, juste avant que le ciel ne gronde un peu trop fort. C’est là que je croise la petite pimprenelle. Saveur de noix verte, ou de concombre, avec une pointe d’amertume et une légère astringence. Le mieux est encore d’y goûter pour se faire une idée. La pimprenelle parfumera agréablement vos fromages blancs, salades, sauces, omelettes, et, qui plus est, agrémentera parfaitement mon potager.

    La nature n’a rien perdu de son éclat. Une fois encore, elle a su me démontrer qu’elle avait plus d’un tour dans son sac. La nature est vivante, goûteuse, riche de surprises et toutes les occasions sont bonnes pour aller à sa rencontre, loin de nos villes.« Tout ce que l’on ne voit pas est immense ». Approchez-vous à votre tour d’un peu plus près. Vous pourriez être agréablement surpris, et c'est exquis.

    Bonne promenade & dégustation.

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